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Gwilen a comme objectif de transformer les sédiments marins pour en faire des matériaux pour le design et l’architecture. Gwilen dont le nom est inspiré du plus long fleuve breton, la Vilaine, le long de laquelle a grandi Yann le fondateur du projet. Dans les années 70 a été construit un barrage sur cette rivière. Depuis, son estuaire s’est progressivement envasé. Aujourd’hui, on estime qu’il faudrait extraire près de 100’000m3 de sédiments chaque année pour que l’estuaire préserve son aspect naturel. Cette rivière est le symbole de l’impact qu’a l’homme sur son environnement.

En Bretagne, trois termes définissent la transition entre la mer et la terre : Armor (qui vient de la mer), Arvor (qui vient du littoral), et Argoat (qui vient de la terre).

Cette transition entre le monde bleu et le monde vert est ancrée dans la culture bretonne, et c’est sur cette transition que s’appuie le projet Gwilen.

Votre état d’esprit du jour ?

Enthousiaste et impatient de développer de beaux projets avec nos partenaires.

En quoi consiste votre métier ?

Je suis architecte-ingénieur, métier que j’exerce d’une manière particulière. En effet, j’ai fondé début 2020 Gwilen, qui a pour but de valoriser les sédiments marins pour en faire des matériaux pour le design et l’architecture. Notre atelier de production a ouvert en octobre 2020 à Brest, et permet de produire des crédences et produits de construction, mais aussi des moulages spécifiques pour des projets en partenariat avec des designers et des architectes. Conception, fabrication des moules, et coulage des pièces sont donc les principales composantes de mon métier.

Votre métier actuel, évidence ou reconversion ?

Cette activité constitue une réelle continuité. A la sortie de mes études, j’ai travaillé comme ingénieur structure en bureau d’étude sur des projets de passerelles piétonnes pour le Grand Paris notamment, avant de rejoindre une agence d’architecture pour y travailler sur des projets de stades de football. J’ai ensuite travaillé comme consultant indépendant sur des sculptures et modélisations complexes.

Je me suis rendu compte qu’en exerçant en tant que concepteur, la marge de manœuvre pour proposer des solutions innovantes, et surtout intégrant une réflexion environnementale, était très restreinte. Les solutions constructives proposées sont trop limitées. J’ai alors eu envie de développer des matériaux de construction qui auraient un impact environnemental réduit, en traitant la question de la ressource et de l’énergie. Surtout, des matériaux capables de se substituer aux matériaux existants pour que leur mise en œuvre ne constitue pas un frein à leur utilisation. Breton de naissance, et conscient du problème territorial que constituait l’envasement sur le littoral, c’est tout naturellement que j’ai cherché à valoriser cette ressource qui nous encombre.

De plus, est ancré dans la culture bretonne se double lien, à la mer et à la terre. Faire ce lien était donc d’autant plus naturel.

Quelles sont les valeurs qui vous plaisent dans ce métier ?

Evidemment, la question environnementale est primordiale. Le secteur du bâtiment est l’une des industries les plus polluantes, qui a la nécessité de se réinventer. En tant qu’architecte, il y a aussi une dimension sociale, à travers un code de déontologie qui le place comme défenseur de l’intérêt général, en faveur de l’architecture mais aussi en faveur des personnes qui vivent ces architectures. En tant qu’ingénieur enfin, la dimension technique est pour moi fondamentale. Je ne suis pas en effet dans un rejet de la technique ni du progrès. Je crois que nos erreurs proviennent essentiellement d’une erreur de modèle. Chercher des solutions dans un modèle mal conçu est vain. Pour changer de paradigme, nous avons besoin de repenser le modèle afin qu’il intègre des dimensions que nous avons oubliées. L’erreur techniciste réside, il me semble, dans une erreur de modélisation du monde plus que dans une erreur fondamentalement technique.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Dans ma pratique, les frères Perret sont une réelle inspiration. Ils ont sublimé un matériau, le béton, en explorant ses qualités techniques et architecturales. C’est en partant de la matière qu’ils ont pu repenser l’architecture. C’est aussi en dépassant les limites convenues de la pratique de ce métier qu’ils ont pu le réinventer, lui intégrant des notions techniques, de matière, mais aussi économiques. C’est ce qu’exprime David P. Billington dans son ouvrage “The Tower And The Bridge”, en expliquant que l’ouvrage d’art tend vers l’oeuvre d’art lorsque s’installe un subtil équilibre entre trois “E” : Esthétique, Economie et Efficience. Ce tryptique est je crois fondamental, et c’est à travers ce prisme que j’essaie de regarder tous les projets.

Votre projet le plus fou ?

Faire de Gwilen une véritable alternative aux matériaux de construction traditionnels.

La raison d’être de Felicita est « Permettre à tous d’être chez Soi pour être Soi », comment le mettez-vous en œuvre à travers votre métier ?

Notre atelier Gwilen intègrera la possibilité de réaliser des pièces sur-mesure, pour des formats de crédence par exemple ou des couleurs spécifiques. Nous pourrons également produire des pièces sur-mesure ou en petites séries. Pouvoir être chez soi en ayant la possibilité d’avoir pu personnaliser son intérieur, c’est je crois, tendre vers être plus soi.

Contact

contact@gwilen.com | gwilen.com | +33-665494624

Justine Posalski

Découvrez le portrait de Justine Posalski, spécialiste en Art nouveau & en Art déco. Son métier : expertiser vos objets, les répertorier, les cataloguer & les mettre en valeur pour leur présentation en ventes.

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Sandra Furlan

Ambassadrice dédiée à la valorisation des métiers d’arts et à la transmission des savoir-faire. Sandra propose aujourd’hui son expertise en stratégie de développement commercial, marketing et stratégie de communication pour accompagner des artisans, des groupements d’artisans, des marques et des maisons de luxe. Mais aussi son expertise en prescription pour les projets architecturaux et décoratifs, rôle intermédiaire entre les donneurs d’ordres et les artisans d’art, suivi de projets.

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